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Un essai de l’Elf par Pete
Crowhurst


Quand Brian Harrison m'a proposé, en
tant que pilote planeur expérimenté (9000 h), d’essayer l’ Elf, je ne
savais pas trop à quoi m’attendre.
Je savais déjà que le pilote d'essai ULM avait été impressionné par les
qualités de maniabilité, sans vice caché et de performance au moteur
mais ce qui restait à être vérifié était ses capacités en tant que
planeur et si les performances serait assez attrayantes pour intéresser
les pilotes de vol à voile ou de vol libre.
Le designer Jerzy Krawczyk a conçu plusieurs appareils, dont le biplace
PUCHATEK ; pour l’ELF il a réutilisé le profil du planeur classe mondial
PW-5 le PIWI et a utilisé le profil NN18-17. La construction est tout
composite employant du carbone et du Parabeam, un sandwich fibre de
verre, qui donne une rigidité importante particulièrement dans le
cockpit.
Après la sortie de la remorque, le montage est la simplicité même. Les
longerons d'aile glissent dans une boîte à l’intérieur du fuselage les
commandes sont branchées automatiquement et seulement trois axes, deux
pour le longeron principal et un pour le longeron arrière, sont
nécessaires pour fixer les ailes. Le stabilisateur est attaché par deux
vis, et par une vis et une goupille pour la dérive.
C’est tout ! Deux personnes, 20 minutes au plus.
En montant à l’intérieur du cockpit on est immédiatement frappé par
l'espace disponible et une position plus droite, bien que très
confortable, que sur un planeur traditionnel, toutes les commandes
tombent bien sous les mains.
J’ai pu faire 5 vols avec l’ELF
Le premier a eu lieu par bonnes conditions pour le vol à voile avec un
plafonds à 1500 m et une activité thermique modérée.
Très vite dans la phase de roulage je me suis rendu compte de
l’efficacité des commandes et avec seulement un peu de manche arrière
j’avais décollé et commencé à grimper.
J'avais été prévenu que l'instrumentation était certainement HS ce qui
c’est confirmé dès les 100 premiers mètres. Aucunes chiffres
significatifs ne pourront être utilisé après ce vol!
Après avoir atteint 5/600 m, j'ai ralenti au régime de croisière pour «
sentir » la machine. Ma première impression était une excellente
homogénéité des commandes.
Une série de virages ne montra aucune tendances au lacet inverse ou au
dérapage.
Le décrochage se traduit par de simple vibrations annonciateur suivies
par un enfoncement du nez sans tendance à partir sur une aile.
Même maintenu avec une assiette proche de 60 degrés, le décrochage se
limite à une faible perte d’altitude, stable sans besoin d’intervenir.
En un temps remarquablement court, je me suis senti très à l’aise avec
ce petit appareil. Même en lâchant les commandes il était tellement
stable que le manque d’instrument ne ce fit pas ressentir.
La suite semblait prometteuse…
Après, j'ai essayé le rallumage du moteur. Ayant l'expérience des
systèmes à rétraction sur pylône je suis particulièrement attaché à la
nécessité de prendre une décision rapide pour un rallumage.
L'extraction du pylône peut prendre 20 secs ou plus et il peut s’écouler
30 sec entre la décision et l'allumage.
Ceci peut représenter une perte significative d’altitude en particulier
si vous êtes dans un descendance et ceci à déjà piégé de nombreux
pilotes quand la prise de décision à trop tardé.
Sur l’Elf la procédure de démarrage est :
Pression sur la poire de gavage de carburant, gaz légèrement ouvert,
batterie et magnéto sur ON, et on appuie sur le démarreur.
Temps total entre la décision et l'allumage, 7 sec !
J'ai fait le test 4 fois sur dix minute et le moteur a démarré dès la
première fois, à chaque essai ! Très rassurant.
Avant d’aller plus loin dans les essais nous devions revoir
l’instrumentation. Un nouvel ASI, vario électronique et un DIGI FLY ont
été installés.
La semaine suivante, le temps semblait beau pour les prochains vols
d'essai. Cette fois je pourrais maintenir une vitesse précise et le
meilleur taux de montée.
Étant confiant dans le pilotage et la fiabilité du moteur à redémarrer,
il était temps d’évaluer ses performances en thermiques.
L’Elf semblait être très sensible aux ascendances et j’ai accroché très
rapidement un petit thermique avec une inclinaison de 45 degrés, je suis
monté de 600 à 1500 m à une moyenne d’environ 2.5m/s. Impressionnants
pour un mois d’octobre en Angleterre !
Arrivé au plafond, j'ai décidé de faire un petit circuit en suivant une
rue de nuage de 40km au bout de laquelle je fis demi-tour, au retour les
conditions commençaient à se détériorer et je descendis à 300m. Bien
qu’ayant des champs posables, j'ai pressé la poire de gavage, mis les
commutateurs sur ON et un coup sur le démarreur pour un allumage
immédiat. Après une montée de dix minutes jusqu’à 1200 m j'ai coupé et
mis le cap sur la maison, arrivant au terrain après 1.hr 25 de vol pour
80km et seulement 25 minutes de moteur.
En approche, les aérofreins, bien que peu efficace sur ce prototype,
m’ont quand même permis de tenir mon point d’aboutissement.
De façon générale ce vol était une grande surprise. Indépendamment de
l'excellente homogénéité, ce sont les performances sans moteur qui m'ont
le plus étonné.
C'est un excellent petit planeur qui est particulièrement à l’aise pour
grimper dans les plus petites ascendances.
Bien que peu performant face au vent, à aucun moment je ne me suis senti
limité par la faible charge alaire et l'envergure limité de 11m de
l’Elf.
De mon expérience l’Elf vole comme un K6 CR, qui a la réputation de
rester en l’air quand les autres sont déjà posé…

Tel qu’il est le prototype
répond déjà aux critères ULM Français et après sa présentation à Blois,
il y a beaucoup de pilotes intéressés. D'autres pays ayant une classe
expérimentale seront également intéressés par l’Elf.
Mes vols suivants ont eu lieu quelques jours plus tard en conditions
très stables et j’ai utilisé des instruments étalonnés, standard et
électronique. Les chiffres suivants ont été enregistrées et sont, je
crois, précis. La masse au décollage était de 260 kg incluant le pilote,
un parachute balistique et 12 litres d’essence. |
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